Dimanche 23 décembre 2007
7
23
/12
/Déc
/2007
22:08
L'an 700 avant J-C
Dans la ville de Phaedra, le soleil était censé se lever avant
tout le monde. Mais ce jour-là, Hristos avait une longueur d'avance sur le soleil. Depuis plus d'une heure, il auguisait la pointe de son épée et de sa lance, dans le petit atelier près de la cour.
tout en effectuant un geste de va et vient avec sa main, il regardait par la fenêtre qui donnait sur la rue les premiers passants se dirigeant vers le forum. Les oiseaux commencèrent leur
chant matinal dans une harmonie douce et apaisante qui procurraient un réel plaisir aux oreilles de Hristos. De temps en temps, il fermait les yeux pour soliciter au maximum son ouïe et écouter
ainsi leur douce mélodie. Ensuite il touchait chaque objet de l'atelier avec beaucoup de délicatesse. A chaque objet qu'il touchait, un frisson lui parcourait le corps comme si l'objet en question
lui transmettait une certaine énérgie. Il s'assit sur un chaise et prit soigneusement ses jambières martelées dans des feuilles de bronze. Il souffla dessus pour faire partir la poussière dont les
grains brillaient à la lumière. Hristos attacha ses jambières puis se leva de nouveau. Le soleil continuait de monter dans le ciel. Il était vêtu d'une
chemise blanche qui descendait presque jusqu'aux genoux. Il souleva la lourde cuirasse qu'il fit passer sur sa tête. En bas de celle-ci, la chemise formait désormais une jupette.
- Tu pars déjà ? demanda une voix douce et calme.
- Oui, répondit Hristos. Je m'en vais pour rencontrer Theos d'abord.
Sa femme se tenait debout, devant l'entrée de l'atelier. La lumière du soleil pénétrant par la petite fenêtre semblait s'arrêter pour
n'éclairer que son visage. Hristos retrouva le sourire. Mais elle ne sourit pas. Ses yeux eprimaient l'inquétude.
- Il faut bien que quelqu'un défende notre ville. C'est mon devoir en tant que citoyen. Ne t'en fais, tout se passera bien. D'ici une à
deux heures je serais de retour.
Leur petite filleentra aussi dans l'atelier. L'homme et sa femme changèrent de sujet et parlèrent du beau temps qu'il ferait pendant la
journée. La mère et sa fille retournèrent dans la cour. Hristos les rejoignit un peu plus tard. Il joua avec sa fille quelque minutes puis vint le moment de partir. Il les embrassa toutes les deux
et ne s'attarda pas là dessus. Ce n'était pas la premiere fois qu'il participait à une bataille. Puis il quitta la maison sans dire un mot.
La ville commencait à s'agiter. Hristos rencontra son ami Theos et tous deux allèrent acheter leurs boucliers et leur casque à cimier.
En chemin, d'autres hopplites vinrent à leur encontre. La plupart étaient confiants, grossiers et traitaient l'ennemi de toutes les sortes. Une petite minorité seulement se taisait. Les autres se
mirent à chanter en choeur :
" Mourrir au premier rang, lutter pour sa patrie
C'est le sort le plus beau, digne d'un bon guerrier
Ô garçons! au combat luttez en rangs serrés
Car la fuite est honteuse autant que la panique
Les aînés, les anciens dont les genoux sont raides
N'allez pas vous enfuir et les abandonner "
- Allez les peureux! Chantez avec nous! crierent-ils. Puis tous ensemble reprenaient ces paroles.
Sous le soleil de plus en plus chaud, on avancait à vive allure sur un chemin des plus pittoresques et
caillouteux. Le terrain vague sur lequel allait se dérouler la bataille était percevable désormais. La moitié des troupes étaient déjà réunies du côté des grecs. Chez les barbares, seuls quelques
rangs étaient en place. Leur infériorité laissèrent nos hopplites quelque peu stupéfaits. Hristos deumeurait scpetique. Chacun prit sa place dans les rangs. Notre homme étant jeune se trouvait au
premier rang. Il voyait clairement l'ennemi.
La phalange hoplitique était admirablement éxécutée et c'était un plaisir à regarder tous ces hommes
réunis, les sourcils froncés, la bouche ne laissant voir que les dents serrés et les mollets contractés au maximum. L'alignement était si parfait que si on avait regardé une ligne latéralement on
aurait vu juste le guerrier en tête de ligne. Ils étaient répartis sur quatre carrés formés de huit hopplites sur huit. En face, les rangs barbares se multipliaient au fur et à mesure. Il était
parfaitement visible que leur nombre dépassait celui des grecs. A un moment donné, l'arrivée des troupes barbares cessa. Soulagement côté grec. Le chef des barbares tenta de négocier.
- A quoi bon sacrifier tous ces hommes Sylias ? Nous avons
déjà pris les côtes à l'Est et si par miracle vous gagnez aujourd'hui, demain mes troupes arriveront par bateau encore plus nombreuses et déterminées à se battre. Qu'allez vous faire ? Donner les
armes à vos femmes pour qu'elles vous protégent ?
Les rangs barbares commencerent à rire. Leur chef esquissa un sourire. Il semblait certain de
remporter la bataill. Ses yeux étaient un véritable océan de haine, il n'essayait pas de faire baisser les armes à son ennemi mais bien de le mettre en colère. Il voulait que la bataille soit rude
et sanglante. Il voulait de la violence, il ne vivait que par la violence, l'orgueuil et la puissance. Les grecs agirent exactement comme il le souhaitât. Ils étaient décidés à l'affronter. Pour le
chef barbare, la bataille était gagnée d'avance. Il se retourna machinalement et aboya quelques phrases à ses troupes. Toutes commencerent à crier comme des sauvages frappant leurs épées et leur
haches contre les boucliers, tappant avec les pieds dans le sol et dans un élan de furie s'élancèrent vers les hopplites tels des prédateurs s'élanceraient sur une proie.
Les hopplites crierent à leur tour et avancèrent plus lentement. Le vent très doux carressait le
visage de Hristos. Il serra très fort la poignée de son bouclier et préparait son bras droit au geste si rapide qui allait lui permettre de tuer son premier ennemi avec sa lance. L'homme qui se
trouvait en face de lui semblait encore loin. Un frisson lui parcourut le corps. Ce fut un frisson agréable qui lui détendit les muscles. Les barbares se rapprochaient à vive allure, leurs cris
incessants. Les hopplites se mirent à courir aussi. Hristos attendait l'impact. Le choc des deux armées n'était plus bien loin. L'adrenaline monta, le coeur battait à un rythme effréné . Les pieds
se mirent à courir automatiquement. L'homme en face devait mourir!. Hristos devait le tuer! Il visait la bouche qui était découverte. Plus que vingt mètres. Dix mètres. Cinq mètres.
Impact.
La lance de Hristos cesée transpercer la bouche de l'ennemi fut violamment tranchée en deux par un coup
d'épée donné par le soldat ennemi. Notre homme sortit aussitôt son épée, essaya par tous les moyens d'atteindre son adversaire mais chacun de ses coups fut parré. Voyant que ses attaques étaient
innefficaces, il utilisa son bouclier pour se défendre. Il devait en même temps contenir la poussée adverse mais ses pieds glissaient sur le sol et la chaleur étouffante et la poussière crée par
les pieds des guerriers n'amélioraient pas la situation. Les coups du barbare dans le bouclier étaient des plus violents. Ce dernier voyant que Hristos résistait s'élanca avec tout son corps
dans le bouclier déséquilibrant complétement notre homme. Il vit simplement la lance de l'hopplite se trouvant derriere lui passer au dessus de sa tête et vint se planter dans le bouche du barbare.
Elle lui transperca le crane et ne fut arrêtée que par le casque. Le barbare tomba à terre.
- Allez! Relève toi ! cria une voix.
Hristos se releva et repassa à l'attaque. Il écarta un peu son bouclier pour faire avancer son épée et
subitement un coup de hache lui trancha la main. La douleur fut telle qu'il tomba à genoux. Il cria de toutes ses forces. Il regarda autour de lui et vit d'autres soldats déjà morts ou encore
entrain d'agoniser, piétinés par les deux armées. Hristos recut un coup de pied dans la tête. Il tomba sur le dos. Le sang coulait de son bras au rythme de ses battements de coeur. A son tour il se
retrouva piétiné par ses propres camarades qui tombaient un à un autour de lui, têtes, bras, ou jambes coupés. Le sang giclait de partout. Les cris n'étaient plus des cris de guerre mais des cris
de douleur. Un barbare planta son épée dans le ventre de Hristos. Il la ressortit et continua de se battre. Hristos n'était pas mort. Il n'avait plus la force de crier. Il essaya de prendre un
poignard tombé quelques cadavres plus loin. La douleur était bien trop grande pour tenter de rester en vie. Il lui était bien trop difficile de bouger.
- Achevez-moi...ache...
Il leva la têteavec l'espoir qu'on la lui coupât. Mais ce fut une épée qui lui transperca le coeur. Il retomba sur le
dos les bras écartés, la tête penchée à droite.
Par Andrei
-
Publié dans : Nouvelles
-
0